L’exposition « Mémoire de l’esclavage » retrace l’histoire profonde et douloureuse de la traite négrière transatlantique et met en lumière le rôle majeur joué par la côte camerounaise dans ce système qui s’est étendu sur près de quatre siècles. Des sites historiques tels que Rio del Rey, Bimbia, Douala et Campo furent des lieux stratégiques du commerce des êtres humains, aujourd’hui reconnus comme des espaces de mémoire.
Entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, des millions d’Africains furent capturés, arrachés à leurs terres et déportés vers les Amériques dans des conditions inhumaines. Le Cameroun, comme de nombreux pays africains, fut intégré à ce commerce dit « triangulaire », fondé sur le troc de marchandises contre des captifs destinés aux plantations du Nouveau Monde. Les échanges, les routes, les objets et les pratiques économiques présentés dans l’exposition témoignent de la violence structurelle de ce système et de son ampleur.
À travers des documents historiques, objets, vestiges matériels et témoignages, l’exposition évoque les souffrances endurées, les traumatismes transmis et la dispersion des peuples africains. Chaînes, monnaies, traces archéologiques et récits historiques deviennent autant de supports pour comprendre et transmettre cette mémoire collective.
Au-delà du rappel des faits, « Mémoire de l’esclavage » se veut un espace de réflexion, de transmission et de reconnaissance. Elle invite le public à interroger le passé pour mieux comprendre le présent, à honorer la mémoire des victimes et à contribuer à la construction d’une histoire partagée, fondée sur la vérité, la dignité et la résilience des peuples africains et afro-descendants.

